Comment construire un mur de soutènement en gabion ?

Comment construire un mur de soutènement en gabion ?

La construction d’un mur en gabion représente une solution technique et esthétique prisée pour retenir les terres en pente. Ces structures composées de cages métalliques remplies de pierres offrent une alternative durable aux murs traditionnels. Leur installation nécessite néanmoins de respecter une méthodologie précise pour garantir la stabilité de l’ouvrage. Le principe repose sur le poids des matériaux qui contient les poussées du terrain, tout en assurant un drainage naturel efficace. Avant de débuter les travaux, une préparation rigoureuse s’impose pour déterminer les dimensions adaptées et vérifier la conformité réglementaire du projet.

Points importants :

Points essentiels Précisions techniques
🏗️ Structure et composition Cages métalliques en acier galvanisé remplies de pierres de 70 à 150 mm
📏 Dimensions et réglementation Déclaration préalable obligatoire au-delà de deux mètres de hauteur
⚙️ Préparation du terrain Décaisser 20% de la hauteur totale et compacter avec du tout-venant
🧱 Technique de montage Remplir par couches successives de 30 à 40 centimètres progressivement
📐 Stabilité optimale Prévoir un fruit de 8 à 10% incliné vers le talus
🛡️ Durabilité et entretien Durée de vie d’environ 60 ans avec un entretien minimal requis

Qu’est-ce qu’un mur de soutènement en gabion et ses caractéristiques

Un mur de soutènement en gabion constitue une structure poids dont la fonction première consiste à retenir les terres d’un terrain en pente. Ces ouvrages combattent efficacement les risques d’éboulements et de glissements de terrain en maintenant la terre dans un espace délimité. La plupart mesurent moins de quatre mètres de hauteur, dimension au-delà de laquelle des études structurelles approfondies deviennent nécessaires.

Les gabions modernes se composent de cages métalliques en acier galvanisé ou revêtu, soudées pour conserver leur forme sur le long terme. L’acier galvanisé bénéficie d’un traitement par alliage zinc-aluminium qui multiplie par quatre la résistance à la corrosion par rapport aux matériaux classiques. Des versions en plastique PET existent également, offrant une durabilité supérieure, une résistance accrue à la corrosion et un poids réduit. Le choix entre ces matériaux dépend des contraintes environnementales du site et du budget alloué.

Une fois rempli, un gabion pèse environ 1,65 tonnes par mètre cube. Cette masse conséquente explique pourquoi un petit muret d’un mètre de longueur, trente centimètres d’épaisseur et un mètre de hauteur atteint près de 500 kilogrammes. Construire un mur de soutènement pas cher en gabion reste possible grâce à l’absence de fondations complexes et à la simplicité du montage. Le drainage naturel constitue un atout technique majeur : les espaces entre les pierres permettent à l’eau de s’infiltrer et de s’écouler, réduisant les risques de pression hydrostatique.

Les matériaux de remplissage doivent répondre à des critères précis. La pierre doit être friable et non gélive, avec une granulométrie de 70 à 150 millimètres, adaptée aux mailles standard de 50×100 millimètres. Les pierres calcaires apportent une touche claire et lumineuse, le granit offre un rendu sombre et moderne, tandis que les galets de rivière procurent un effet doux et naturel.

Les étapes de préparation et de fondation du terrain

Avant d’entreprendre la construction, il convient de se rapprocher de la mairie pour vérifier la faisabilité du projet et consulter le plan local d’urbanisme. Pour une clôture dont la hauteur dépasse deux mètres, une déclaration préalable s’avère obligatoire. Au-delà de quatre mètres, un permis de construire devient généralement nécessaire, accompagné de l’intervention d’un ingénieur. Dès deux mètres de hauteur, une étude de sol est vivement recommandée pour vérifier la stabilité du sous-sol et s’assurer que celui-ci peut supporter le poids cumulé de l’assise et des gabions.

La préparation du terrain détermine la qualité finale de l’ouvrage. La règle fondamentale stipule que le mur épouse la forme du sol : une assise plane garantit un mur plan, tandis qu’une assise déformée engendre un mur déformé. Il faut nettoyer la zone, la dégager de toute végétation et débris, puis niveler le sol pour obtenir une surface parfaitement stable et lisse. Après avoir matérialisé l’alignement des gabions avec un cordeau, il faut décaisser environ vingt pour cent de la hauteur totale du mur. Pour une hauteur d’un mètre, cela correspond à une tranchée de dix à quinze centimètres de profondeur. Pour un mur de deux mètres, creuser quarante centimètres s’impose.

La tranchée doit présenter une largeur supérieure de dix centimètres à celle des gabions. Les sols meubles sont à proscrire car ils présentent un risque de tassement important entraînant des déformations ultérieures. Le remplissage de la tranchée s’effectue avec du tout-venant 0/31,5 millimètres ou du ballast, matériaux qui se compactent facilement. Le compactage s’opère à la plaque vibrante ou à la dame manuelle pour stabiliser l’assise. Sur cette base, ajouter une épaisseur de béton permet d’obtenir une assise lisse et parfaite, bien que cela ne soit pas systématiquement nécessaire.

La pose d’un film géotextile constitue une étape essentielle. Ce feutre anti-contaminant très résistant et perméable doit être disposé sous le gabion et sur les côtés retenant la terre. Il laisse passer l’eau mais retient la terre, évitant ainsi d’obstruer l’arrière du mur et de perdre son effet drainant. Cette installation prévient également la pousse de mauvaises herbes susceptibles d’envahir la structure. Comment faire un escalier dans un talus pentu peut également bénéficier de cette technique de stabilisation des terrains en pente.

Montage des cages et technique de remplissage

L’assemblage des cages métalliques s’effectue à l’aide de spirales, fils de fer ou agrafes. Les gabions se composent de plusieurs panneaux à assembler pour former une cage. Le port de gants de protection s’impose pour éviter tout risque de blessure. Le fond de la cage doit être disposé bien à plat sur le sol avant de dresser les parois. Une fois la face arrière et les cloisons assemblées, les panneaux de la face avant sont réunis toujours à l’aide des spirales.

Les tirants de renfort s’installent ensuite pour éviter toute déformation. Ces renforts se positionnent au milieu des panneaux pour solidifier l’ensemble. Les distanceurs doivent être placés tous les trente centimètres de hauteur. Lorsqu’un mur en gabion atteint une hauteur importante, la superposition de plusieurs cages devient possible, à condition de bien les fixer entre elles avec des attaches prévues à cet effet. Les gabions s’agrafent entre eux pour renforcer la stabilité générale de l’ouvrage.

Le remplissage s’opère par couches successives de trente à quarante centimètres pour assurer un bon maintien des cloisons. Cette méthode progressive permet de répartir uniformément les charges. Il convient de varier les tailles de pierres pour éviter les espaces vides et de soigner particulièrement les faces visibles. Dans les gabions montés sur place, le compactage des pierres n’est pas nécessaire car celles-ci se positionnent naturellement dans la cage métallique.

Lors du remplissage, l’important consiste à disposer les pierres de manière esthétique sur les faces visibles. Dans un souci d’économie, placer un nombre suffisant de belles pierres sur les faces apparentes et remplir le reste avec un matériau moins onéreux représente une solution judicieuse. Le tableau suivant présente les correspondances entre dimensions de mailles et tailles de pierres :

Dimension de maille Taille de pierre recommandée Granulométrie
50×100 mm 80 à 120 mm 70 à 150 mm
Mailles larges Pierres plus grandes Adapter proportionnellement

Une fois le remplissage achevé, le dernier panneau se pose sur le dessus et se fixe aux parois de la cage. Le mur doit être totalement rempli pour que la structure reste stable et ne se tasse pas avec le temps.

Optimisation de la stabilité et règles techniques essentielles

Pour un mur de soutènement en appui contre un talus, réaliser un fruit s’avère vivement conseillé. Cette inclinaison de l’assise de huit à dix pour cent, orientée vers le talus à retenir, augmente la résistance face aux poussées en amont. Pour un mur de cinquante centimètres d’épaisseur, le dénivelé à réaliser entre l’avant et l’arrière de l’assise atteint environ cinq centimètres. Incliner légèrement le mur de quatre à six degrés contre le talus garantit une stabilité à long terme. Le fruit ne peut se substituer à un bon dimensionnement des ouvrages mais vient en complément de celui-ci.

La largeur nécessaire du gabion pour un mur de soutènement s’établit généralement à cinquante centimètres. En hauteur, un mur en gabion peut mesurer entre soixante et deux cent quarante centimètres. La largeur peut varier entre vingt et cinquante centimètres. En longueur, les cages mesurent au minimum vingt centimètres et peuvent s’étendre jusqu’à deux mètres en moyenne. Au-delà, l’alignement de plusieurs cages permet d’obtenir un mur plus long.

Les règles à respecter impérativement incluent :

  • Une assise parfaitement plane pour éviter les déformations
  • L’anticipation de l’impact du poids en évitant les sols meubles
  • Le compactage systématique des fondations
  • L’intégration d’un fruit pour les murs en appui
  • La pose de géotextile sous et sur les côtés
  • Le respect d’une méthodologie rigoureuse

Si ces recommandations sont respectées, enfouir ou sceller les gabions n’est pas nécessaire. Dans les murs hauts et étroits, une fixation avec des poteaux métalliques peut s’avérer indispensable pour davantage de stabilité et de sécurité. Pour des hauteurs supérieures à cinq ou six mètres, choisir des gradins externes garantit une meilleure stabilité. Le décalage de l’étage supérieur d’environ dix à vingt centimètres permet de faire contrepoids.

L’entretien d’un mur en gabion se révèle minimal. Une fois installé, l’ouvrage ne demande aucun effort supplémentaire pendant des dizaines d’années. Un nettoyage régulier pour enlever les débris et feuilles mortes suffit. Il convient de vérifier périodiquement les cages métalliques pour détecter d’éventuelles dégradations. La durée de vie d’un mur en gabion atteint environ soixante ans, avec des garanties fabricants de vingt ans sur les gabions de qualité. Ces structures résistent aux intempéries, aux changements climatiques et aux mouvements de terrain, offrant une solution pérenne pour l’aménagement des terrains en pente.

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