L’installation d’un système de tubage s’impose souvent lors de la rénovation d’une installation de chauffage au bois. Cette technique consiste à insérer un conduit en acier inoxydable à l’intérieur du conduit maçonné existant, permettant ainsi d’assurer une évacuation optimale des fumées. Que ce soit pour raccorder un nouvel insert, remettre en service une ancienne cheminée ou améliorer les performances énergétiques de votre installation, cette opération nécessite de respecter des normes précises et de suivre une méthodologie rigoureuse. Plusieurs facteurs doivent être pris en compte avant de se lancer dans cette rénovation.
Points importants :
| Points essentiels | Précisions techniques |
|---|---|
| 🔧 Tubage d’un conduit maçonné | Insérer un conduit en acier inoxydable pour optimiser l’évacuation des fumées |
| ⚠️ Sécurité et performance | Éviter les fuites de monoxyde de carbone et améliorer le tirage |
| 📏 Choix du matériel adapté | Flexible pour conduits dévoyés, rigide pour tracés droits, double peau obligatoire |
| 🛠️ Installation rigoureuse | Respecter les distances de sécurité et le sens de montage |
| 🧹 Entretien obligatoire | Réaliser deux ramonages annuels avec hérisson adapté au diamètre |
| 💰 Investissement rentable | Environ 700 euros pour réduire la consommation de combustible |
Les raisons qui justifient l’installation d’un tubage
Le tubage répond à plusieurs problématiques techniques et sécuritaires. Lorsqu’un conduit maçonné présente une section trop importante, les fumées refroidissent trop rapidement, provoquant des phénomènes de condensation et un tirage insuffisant. L’humidité s’accumule alors sur les parois, favorisant l’apparition de bistre, ce dépôt goudronneux particulièrement difficile à éliminer lors du ramonage. Dans ce contexte, comme lors de la construction d’un mur de soutènement, la préparation du support existant constitue une étape fondamentale.
Cette installation devient obligatoire lorsque vous installez un appareil de chauffage neuf ou lorsque l’ancien conduit ne dispose pas d’un débouché suffisant dans la pièce, celui-ci devant dépasser d’au moins cinq centimètres sous le plafond. Les conduits fissurés ou présentant des défauts d’étanchéité représentent un danger majeur, car ils laissent s’échapper des gaz toxiques dans l’habitation. Le monoxyde de carbone, gaz invisible et inodore, provoque chaque année de nombreuses intoxications mortelles.
L’amélioration du rendement énergétique constitue un autre avantage significatif. En réduisant les déperditions thermiques, le tubage optimise l’efficacité de l’appareil de chauffage et diminue la consommation de combustible. La paroi lisse du tube en inox favorise également l’écoulement des fumées et limite l’accumulation des résidus de combustion. Cette optimisation du tirage permet à votre installation de fonctionner dans des conditions idéales de sécurité tout en préservant la structure du conduit maçonné existant.
Vérifications indispensables et choix du matériel adapté
Avant toute intervention, un diagnostic approfondi du conduit existant s’impose. Le tubage ne peut en aucun cas compenser les défaillances structurelles de la maçonnerie. Inspectez minutieusement la stabilité de l’ensemble, depuis la base jusqu’à la souche, en recherchant fissures, décollements ou infiltrations. Un ramonage complet, voire un débistrage mécanique, doit être réalisé pour éliminer tous les dépôts. Si le conduit présente une pellicule d’humidité, laissez-le sécher complètement avant de débuter les travaux.
Le choix entre tubage flexible et rigide dépend de la configuration de votre installation. Le flexible, disponible en diamètres de 80 à 300 millimètres, s’adapte aux conduits présentant des dévoiements, tandis que le rigide convient uniquement aux tracés parfaitement droits. La norme NF DTU 24.1 impose des marquages CE et G garantissant la résistance au feu. Pour les appareils fonctionnant au bois ou au charbon, un tubage double peau devient obligatoire, avec un diamètre minimum de 153 millimètres pour un poêle, ou 180 millimètres si l’appareil peut fonctionner en foyer ouvert.
| Type de tubage | Diamètre disponible | Application recommandée | Avantages principaux |
|---|---|---|---|
| Flexible | 80 à 300 mm | Conduits dévoyés | Installation simplifiée, économique |
| Rigide | 80 à 250 mm | Conduits droits | Meilleur tirage, durabilité supérieure |
| Double peau | 153 mm minimum | Bois et charbon | Isolation renforcée, sécurité maximale |
| Simple peau | Variable | Gaz et fioul | Coût réduit, installation rapide |
La réglementation impose une distance minimale de sécurité de 16 centimètres entre le conduit et les matériaux combustibles, mesurée depuis l’intérieur. Les conduits ne peuvent présenter plus de deux coudes, dont l’inclinaison ne doit jamais excéder 45 degrés. Un système de ventilation de l’espace annulaire devient obligatoire, avec une entrée d’air basse de 20 centimètres carrés et une sortie haute de 5 centimètres carrés minimum, permettant la circulation de l’air entre l’ancien conduit et le tube.
Méthodologie d’installation et raccordement
L’installation requiert au minimum deux personnes et une journée de travail. Rassemblez au préalable tout le matériel nécessaire : tubes, colliers de fixation, plaques d’étanchéité, chapeau pare-pluie, mastic polyuréthane et équipements de sécurité. Pour un tubage flexible, vous pouvez procéder depuis le toit en utilisant un harnais de sécurité. Adaptez une fixation démontable à l’extrémité, puis enfilez une cordelette lestée dans le conduit. Cette technique permet de hisser progressivement l’ensemble vers le haut tandis qu’une personne positionnée en bas guide le tube.
Le montage d’un tubage rigide s’effectue exclusivement depuis la base. Commencez par emboîter les sections en hauteur, en respectant scrupuleusement le sens indiqué par la flèche imprimée sur le tube. L’extrémité mâle se place en bas, la femelle en haut. Sécurisez chaque assemblage avec des colliers et des goupilles pour éviter tout déboîtement. Cette précision dans l’assemblage rappelle l’importance de la rigueur nécessaire lors de la réalisation d’un calepinage, où chaque mesure compte pour obtenir un résultat optimal.
La fixation s’effectue uniquement à la base et au sommet. Positionnez un premier collier à 5 centimètres sous l’extrémité du tube et fixez-le sur les bords du conduit existant. Enfilez la plaque d’étanchéité autour de l’avant-dernier tronçon, en découpant si nécessaire ses angles à la meuleuse. Appliquez des cordons de mastic polyuréthane sous la plaque pour garantir l’étanchéité avec la maçonnerie. Au sommet, installez le chapeau pare-pluie équipé d’une grille anti-nidification, en ajoutant du mastic aux jonctions.
Le raccordement à l’appareil nécessite une attention particulière. Utilisez un té fermé par un tampon pour connecter le tube à la buse du poêle. En partie basse, ajustez la longueur du flexible à l’aide d’une meuleuse pour obtenir une section nette et propre. Vérifiez la verticalité du conduit de raccordement avec un niveau à bulle. Si nécessaire, déplacez légèrement l’appareil pour corriger l’aplomb. Les éléments doivent s’emboîter simplement, sans collier de fixation à ce niveau, pour rester facilement démontables lors des opérations de maintenance.
Maintenance régulière et entretien du système
Un conduit tubé exige un entretien rigoureux pour maintenir ses performances et garantir la sécurité. La réglementation impose deux ramonages annuels, idéalement avant et après la période de chauffe. Utilisez un hérisson en nylon dont la section correspond exactement au diamètre du tube pour éviter toute détérioration. Cette intervention permet d’éliminer les dépôts de suie et de créosote avant qu’ils n’atteignent une épaisseur critique. Un ramonage professionnel complète utilement ces opérations d’entretien régulier.
Les contrôles périodiques incluent des tests d’étanchéité tous les trois ans et une inspection vidéo annuelle recommandée. Ces vérifications permettent de détecter précocement les signes d’usure ou de corrosion. Les conduits métalliques, même de qualité supérieure, restent sensibles aux agressions chimiques. Ne brûlez jamais de bois de récupération, de déchets ménagers ou de matières plastiques susceptibles de dégager des vapeurs de chlore qui accélèrent la corrosion. La qualité du combustible influence directement la durée de vie du tubage et la sécurité de l’installation.
L’investissement financier pour un tubage complet, incluant les accessoires et le raccordement, avoisine généralement 700 euros. Cette dépense se justifie par les économies de combustible générées et l’amélioration du confort thermique. La complexité de l’intervention, évaluée à 3 sur 4, nécessite des compétences en bricolage mais reste accessible aux particuliers soigneux. Comme pour l’installation d’un mitigeur de douche, la réussite repose sur le respect scrupuleux des étapes et des normes en vigueur.





