Choisir entre la laine de verre et la laine de roche constitue une décision importante lors de travaux d’isolation thermique. Ces deux matériaux minéraux dominent le marché français et équipent la majorité des logements. Bien qu’ils partagent de nombreuses qualités, leurs spécificités techniques, leurs coûts et leurs performances varient selon les applications. Comprendre ces différences permet d’optimiser son investissement et d’adapter sa solution isolante à chaque zone du bâtiment.
Points importants :
| Points clés | Précisions |
|---|---|
| 🌡️ performances thermiques similaires | Conductivité quasi équivalente entre 0,030 et 0,056 W/m.K |
| ⚖️ différence de densité majeure | 3,5 kg/m² pour la verre contre 7 kg/m² pour la roche |
| 💰 écart de prix modéré | Laine de verre généralement moins onéreuse de 20 à 30% |
| 🔥 résistance au feu exceptionnelle | Les deux isolants incombustibles, roche jusqu’à 1000°C |
| 🏠 choix selon la zone d’application | Adapter selon les contraintes : combles, murs, rampants ou sols |
| 🔊 isolation acoustique supérieure | Laine de roche plus dense pour freiner les bruits |
Laine de verre ou laine de roche : des caractéristiques thermiques et acoustiques similaires
Les performances isolantes de ces deux laines minérales se révèlent très proches. La conductivité thermique de la laine de verre oscille entre 0,030 et 0,056 W/m.K, tandis que celle de la laine de roche se situe entre 0,033 et 0,044 W/m.K. Ces valeurs témoignent d’une capacité d’isolation quasi équivalente. La laine de verre présente toutefois un léger avantage thermique, particulièrement appréciable sur les faibles épaisseurs d’isolants. Cette caractéristique s’avère précieuse lors d’une isolation par l’intérieur où chaque centimètre compte pour préserver la surface habitable.
La densité constitue une différence majeure entre ces deux matériaux. Pour isoler un mètre carré avec 32 cm d’épaisseur, il faut 3,5 kg de laine de verre contre 7 kg de laine de roche. Cette masse plus importante de la laine de roche s’explique par sa structure enchevêtrée dans deux directions, horizontale et verticale. La laine de verre assemble ses fibres dans le même sens, ce qui la rend maniable et facile à découper. Cette différence de densité influence directement le choix selon le support : un plancher béton accepte sans limite de poids, tandis qu’un plancher placo ou bois impose un maximum de 10 kg par mètre carré.
Sur le plan acoustique, les deux laines affichent de bonnes performances phoniques. La laine de roche se distingue généralement par une efficacité supérieure grâce à sa structure dense qui freine les ondes sonores. Elle isole efficacement contre tous les types de bruits : aériens, d’impacts et d’équipement. Les fabricants ont néanmoins développé des laines de verre à isolation acoustique renforcée qui comblent progressivement cet écart. Le confort d’été favorise également la laine de roche. Avec 40,5 cm d’isolants, elle permet d’atténuer davantage les températures estivales et de gagner 1 heure de déphasage thermique par rapport à la laine de verre.
La résistance au feu représente un atout commun. Les deux laines sont incombustibles et ignifugées lorsqu’elles sont nues. La laine de roche peut supporter des températures jusqu’à 1000°C sans fondre grâce à son origine volcanique. Les deux matériaux ne propagent pas l’incendie et ne dégagent pas de fumées toxiques lors d’une combustion. Seule la face cartonnée kraft qui revêt certaines formes craint les flammes. Certains panneaux de laine de roche intègrent même de l’aluminium pour accroître encore ces qualités ignifuges. Ces propriétés garantissent une sécurité optimale dans l’habitat.
| Caractéristique | Laine de verre | Laine de roche |
|---|---|---|
| Conductivité thermique | 0,030 à 0,056 W/m.K | 0,033 à 0,044 W/m.K |
| Densité pour 32 cm | 3,5 kg/m² | 7 kg/m² |
| Résistance au feu | Incombustible | Jusqu’à 1000°C |
| Confort d’été | Bon | Excellent |
Une différence de prix modérée entre les deux isolants minéraux
Le coût d’acquisition constitue souvent un critère déterminant dans le choix d’un isolant. La laine de verre s’affirme généralement moins onéreuse que la laine de roche, bien que les écarts restent limités. Pour atteindre une résistance thermique R de 1 m².K/W, le coût moyen s’élève à 1,33 euro par mètre carré pour la laine de verre contre 1,80 euro pour la laine de roche. Les prix au détail varient selon l’épaisseur et le conditionnement. Un rouleau de 200 mm d’épaisseur coûte 7,90 euros par mètre carré en laine de verre contre 9,40 euros en laine de roche.
Les tarifs posés incluant la main-d’œuvre reflètent également cette tendance. Pour l’isolation des combles perdus avec une résistance thermique de 7 à 10, comptez entre 16 et 30 euros HT par mètre carré pour la laine de verre contre 20 à 30 euros pour la laine de roche. L’isolation des rampants avec plaques de plâtre présente des écarts plus marqués : de 60 à 80 euros pour la laine de verre, contre 62 à 125 euros pour la laine de roche. Ces différences s’expliquent par la densité supérieure et la mise en œuvre plus délicate de la laine de roche.
Le choix de la forme d’isolant influence aussi le budget final. Les flocons à souffler coûtent 2,40 euros par kilogramme en laine de verre contre 2,15 euros en laine de roche. Les panneaux rigides de 45 mm d’épaisseur s’affichent à 2,75 euros par mètre carré en laine de verre et 4,20 euros en laine de roche. La pose d’un pare-vapeur, souvent nécessaire avec la laine de verre pour protéger l’isolant de l’humidité, ajoute entre 2 et 3 euros par mètre carré. Ce surcoût peut réduire voire inverser la différence de prix finale entre les deux solutions.
Les aides financières contribuent à réduire significativement l’investissement. Les deux isolants ouvrent droit à plusieurs dispositifs avec un artisan RGE :
- La Prime Énergie CEE Coup de Pouce Isolation, accessible sans condition de ressources
- MaPrimeRénov’, proportionnée aux travaux et aux revenus du foyer
- L’éco-prêt à taux zéro, cumulable avec les autres aides
- La TVA réduite à 5,5% sur les matériaux et la main-d’œuvre
- Les subventions régionales disponibles selon les territoires
Combles perdus et aménagés : adapter le choix selon la zone
Pour l’isolation des combles perdus en rouleaux, la laine de verre reste légèrement moins coûteuse et convient parfaitement aux budgets serrés. Elle existe en monocouche, facilitant la pose, bien que le déroulement de deux couches croisées reste préférable pour limiter les ponts thermiques au niveau des solives. La laine de roche, plus dense, offre un meilleur confort d’été, particulièrement appréciable pour les maisons à faible inertie et sur plancher bois. Elle doit obligatoirement être installée en deux couches croisées. Cette configuration renforce l’efficacité thermique globale du système d’isolation.
L’isolation en vrac par soufflage représente une alternative performante pour les combles perdus. Cette méthode consiste à projeter les flocons à l’aide d’une machine spécifique, garantissant une répartition homogène et évitant la formation de ponts thermiques. Le prix reste inférieur pour la laine de verre, avec 23 kg par mètre cube contre 50 kg pour la laine de roche. Cette technique s’avère privilégiée pour combler les espaces difficiles d’accès ou les grandes surfaces à isoler. La densité plus importante de la laine de roche contribue à assurer un meilleur confort d’été, un critère important dans les régions connaissant des températures estivales élevées.
Les combles aménagés et les rampants présentent des contraintes spécifiques. La laine de verre se démarque fortement par son prix, avec des tarifs allant du simple au double par rapport à la laine de roche. Sa légèreté facilite l’installation et permet des solutions monocouche pratiques. Elle peut pourtant s’affaisser avec le temps si elle est mal posée, créant des ponts thermiques préjudiciables à la performance énergétique. La laine de roche, environ 3,5 fois plus dense, offre un confort d’été légèrement meilleur et une résistance au feu supérieure. Sa pose nécessite deux couches pour une épaisseur supérieure à 20 cm, ce qui peut compliquer la mise en œuvre.
Les épaisseurs requises pour atteindre les seuils de résistance thermique fixés par la RT 2012 diffèrent légèrement. Pour le plancher des combles avec une résistance R de 7 m².K/W, il faut entre 21 et 28 cm de laine de verre contre 23 à 29 cm de laine de roche. Pour les rampants avec R de 6 m².K/W, comptez 18 à 24 cm de laine de verre ou 20 à 25 cm de laine de roche. À chantier similaire, il faut donc légèrement moins de laine de verre pour obtenir des valeurs identiques, ce qui peut influencer le choix en cas de contrainte d’espace.
Murs et sols : des applications différenciées selon les contraintes
L’isolation intérieure des murs nécessite une analyse selon le matériau porteur. Pour les structures en brique, la laine de verre s’impose clairement. Elle est plus performante en hiver à épaisseurs égales, limitant ainsi la perte de surface habitable. Son coût inférieur représente un atout supplémentaire, tout en garantissant un bon confort d’été. Le matériau porteur assure principalement cette qualité estivale. Pour atteindre une résistance thermique R de 3,7 m².K/W, il faut entre 11 et 15 cm de laine de verre ou 12 à 15 cm de laine de roche.
Les maisons à ossature bois ou en parpaings présentent des besoins différents. Il faudrait mettre en œuvre au moins 16 cm de laine de roche pour contribuer minimalement au confort d’été. La laine de roche est privilégiée pour une isolation acoustique renforcée, un critère déterminant dans les zones urbaines bruyantes. Pour ces configurations, il serait probablement plus judicieux d’opter pour des panneaux en ouate de cellulose de forte densité ou de la laine de bois. Ces alternatives offrent un meilleur compromis entre performance thermique, confort d’été et impact environnemental.
Pour l’isolation par l’extérieur des murs, les deux laines présentent des atouts. La laine de verre est appréciée pour sa forte résistance à l’humidité. La laine de roche se révèle par contre meilleure grâce à sa résistance thermique et phonique supérieure, ainsi que sa meilleure tenue face à l’humidité. Ses fibres plus courtes permettent une circulation moindre de l’humidité, un avantage non négligeable pour la durabilité du système d’isolation. Les deux matériaux restent imputrescibles et ne pourrissent pas, même si leur sensibilité à l’eau impose des précautions lors de la mise en œuvre.
L’isolation des sols constitue un cas particulier. Seule la laine de roche peut être utilisée pour cette application, que ce soit en surface ou en sous-face. La laine de verre ne convient pas à cette utilisation en raison de sa densité insuffisante pour supporter les charges et les contraintes mécaniques. La laine de roche offre la rigidité nécessaire pour résister aux sollicitations et maintient ses performances dans le temps. Cette polyvalence fait de la laine de roche un isolant plus universel, capable de s’adapter à toutes les zones du bâtiment.





